Rapport mensuel sur le marché obligataire – Avril 2022
Mise à jour sur le marché
L’indice obligataire universel FTSE Canada a reculé de 2,99 % en mars. Il était difficile d’envisager un début d’année aussi médiocre que l’année dernière, lorsque les investisseurs avaient privilégié le scénario réflationniste au premier trimestre 2021. Il semble qu’une flambée de l’inflation et un durcissement de ton par les banques centrales font l’affaire. Depuis le début de l’année, le marché a perdu 7 % de sa valeur, les taux de rendement ont bondi et les écarts se sont élargis. Heureusement, grâce au retrait des mesures très accommodantes par les décideurs politiques, les taux de rendement obligataires devraient remonter de leurs niveaux réels « négatifs », embellissant du coup leurs perspectives de rendement à terme.
En ce qui concerne l’inflation, les investisseurs et les banquiers centraux sont bien au fait des pressions causées par la hausse du prix des matières premières et les problèmes dans la chaîne d’approvisionnement. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a ajouté un nouvel élément perturbateur et a aggravé la situation. Les banques centrales sont contraintes de retirer les mesures de stimulation d’urgence et de normaliser les taux afin de contenir l’inflation, qui se situe à des niveaux alarmants.
Comme elles l’avaient laissé entendre, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont relevé leur taux de 25 p.c. Les investisseurs s’attendent de plus en plus à une hausse de 50 p.c. à la prochaine rencontre, ce qui permettrait d’atteindre le taux final plus tôt que prévu. Cette hausse a provoqué un aplanissement marqué de la courbe des taux, le segment à court terme affichant la plus forte hausse.
Survol des obligations de sociétés
Les écarts de crédit des obligations canadiennes se sont élargis de 2 p.c., en moyenne, pour la période. Cette faible augmentation masque toutefois les fluctuations réelles au sein des secteurs. Les ventes massives d’actifs à risque se sont traduites par un élargissement d’environ 20 p.c. au cours des six premiers jours du mois, les craintes soulevées par l’invasion de l’Ukraine ont eu un effet négatif sur le moral des investisseurs. Ils se sont stabilisés, pour ensuite diminuer de nouveau à la fin du mois. Les secteurs de l’énergie et des communications ont dominé leurs pairs de l’indice élargi des obligations de sociétés, leurs écarts ayant diminué en mars. Les écarts des titres de sociétés financières ont terminé au bas du tableau.
Les écarts des obligations provinciales ont aussi évolué dans différentes directions. Les taux des obligations du gouvernement du Canada à court terme ont été tirés vers le haut par les attentes d’une normalisation accélérée des taux, alors que les écarts des obligations provinciales de durée similaire ont augmenté. Dans le segment 5 à 10 ans, la variation des écarts est moins prononcée. L’inversion de la courbe des obligations à 10 et 30 ans a été causée par la diminution modeste des écarts dans le segment à long terme. Les obligations de l’Alberta et de la Saskatchewan, deux provinces qui ont bénéficié de l’augmentation des prix pétroliers, sont les grands gagnants de la période, surtout parmi les émissions à plus long terme.
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