Revenu fixe   |   15 janvier 2023

Rapport mensuel sur le marché obligataire – Janvier 2023

Mise à jour sur le marché

L’indice obligataire universel FTSE Canada a reculé de 1,65 % en décembre, ce qui représente une baisse totale de 11,69 % pour l’année 2022. Nous pouvons maintenant espérer que le pire de la déroute obligataire est derrière nous. 

La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine (Fed) ont effectué leur dernière hausse de taux en 2022, mettant ainsi fin à la plus rapide progression annuelle des taux de l’histoire. Ce fut toutefois les décisions prises à l’étranger, notamment au Japon, qui ont alimenté les taux de rendement au cours des derniers jours de l’année. En effet, la Banque du Japon a timidement rejoint le groupe des banques centrales qui resserrent leur politique en augmentant légèrement la fourchette cible de la courbe des taux. 

Avant la dernière rencontre de l’année, personne ne savait si la Banque du Canada allait relever ses taux de 25 ou 50 p.c. Elle a choisi 50 p.c. et les marchés ont peu bougé. S’agissait-il de la dernière hausse du cycle? Peut-être. La banque centrale s’est gardé une marge de manoeuvre en indiquant qu’elle mettrait l’accent sur les données à partir de maintenant. Les dirigeants ont affirmé que la banque « continuait d’analyser l’efficacité du resserrement de la politique monétaire pour ralentir la demande, la résolution des problèmes d’approvisionnement et la réaction de l’inflation et des attentes d’inflation ». Nous apprendrons assez rapidement si des hausses totales de 400 p.c. en 9 mois ont été suffisantes pour endiguer l’inflation. 

Comme c’est souvent le cas avec la Fed, elle a répondu aux attentes avec un relèvement de 50 p.c. Son communiqué est demeuré similaire, à l’exception de cette phrase : « des hausses continues dans la fourchette cible seront appropriées ». Le diagramme par points a évolué en tandem avec l’estimé du point médian des fonds fédéraux, soit entre 5,0 % et 5,25 % à la fin 2023. 

Puisque les taux et le segment à court terme sont bien arrimés à la politique de taux, la courbe est fortement inversée. Des deux côtés de la frontière, nous observons une inversion, quelques fois très prononcée, des courbes entre les échéances de 2 à 10 ans, de 3 mois à 10 ans et de 5 à 30 ans, notamment. La pente de la courbe envoie un message inquiétant concernant les perspectives de croissance en 2023. 

 

Survol des obligations de sociétés

 Les écarts des obligations de sociétés se sont resserrés en tandem avec le regain d’appétit envers les actifs à risque en décembre. Leurs écarts ont diminué d’environ 3 p.c., permettant ainsi aux obligations de sociétés de surpasser encore leurs homologues gouvernementales sur l’ensemble de la courbe. Les titres de meilleure qualité (AA/A) ont dominé dans les segments à court et moyen terme, alors que les obligations notées BBB ont fait de même dans le segment à long terme. Sur l’ensemble de l’année, le volume total des nouvelles émissions d’obligations corporatives canadiennes a été bien suffisant pour répondre à la demande. D’ailleurs, il s’agit du plus important volume d’émissions après le record enregistré en 2021. La baisse des évaluations parmi les secteurs a aussi révélé de belles occasions, mais il est judicieux de conserver un certain équilibre, puisque nous anticipons une volatilité élevée à terme. 

Les écarts des obligations provinciales ont quelque peu diminué pendant le mois, surtout dans le segment à moyen terme de la courbe. En 2022, les écarts des obligations provinciales à moyen et long terme ont augmenté de 14 et 19 p.c., respectivement. Les rendements des émissions de provinces ont dominé à court et moyen terme, mais pas dans le segment à long terme, sur la période de douze mois. 

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