Rapport mensuel sur le marché obligataire – Juillet 2023
Mise à jour sur le marché
L’indice obligataire universel FTSE Canada a fait du surplace en juin, alors que les taux et les écarts évoluaient en direction opposée. Les taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada sont repartis à la hausse sous l’effet de la nouvelle hausse du taux directeur. Les taux de rendement des obligations fédérales à 2 et 10 ans ont gagné 37 et 8 p.c., respectivement. Par conséquent, la courbe des taux s’est aplanie et l’inversion dans le segment de 2 à 10 ans a atteint son plus bas depuis juin 1990, à -132 p.c.
Après avoir maintenu le statu quo lors de ses deux dernières rencontres, la Banque du Canada a été contrainte de relever son taux directeur de 25 p.c. en juin afin de tenir compte de la croissance économique élevée, des données résilientes, d’un marché de l’emploi toujours serré et des signes précurseurs d’une reprise du marché de l’habitation. D’ailleurs, cette pause était toujours destinée à être fonction des données, puisque la banque centrale avait explicitement laissé entrevoir la possibilité de nouvelles hausses au besoin. La tendance de l’inflation est clairement baissière (le sommet a été atteint en juin), mais plusieurs craignent que l’inflation stagne entre 3,5 et 4 %. Les marchés intègrent au moins une autre hausse du taux directeur cette année.
Aux États-Unis, le FOMC a passé son tour et mis fin à une séquence de 10 hausses consécutives. Il s’agit d’une pause temporaire et non d’une pause à durée indéterminée. Le procès-verbal a fait état du besoin sans équivoque de procéder à de nouvelles hausses à terme. Selon le Summary of Economic Projections, la Fed a relevé de 50 p.c. ses prévisions du taux final.
Survol des obligations de sociétés
Les obligations de sociétés ont poursuivi sur leur lancée, les écarts générant 7 p.c. en juin. Les écarts se sont resserrés de plus de 20 p.c. depuis les sommets atteints le 20 mars. Ainsi, les obligations de sociétés ont dominé leurs homologues gouvernementales dans tous les segments d’échéance au cours des trois derniers mois. Le marché des nouvelles émissions a rebondi après un début très lent et une pause en mars, ce qui est tout à l’opposé du volume considérable d’émissions l’an dernier. En effet, le volume de 2023 est environ 17 % moins élevé que celui à la même période en 2022. Les émissions de sociétés hors services financiers sont toutefois en hausse de près de 40 %.
Les obligations provinciales à long terme sont le seul segment de ce secteur qui a terminé le mois en territoire positif. Les variations des taux à long terme ont été plutôt faibles et les écarts se sont avérés relativement stables. L’effet de portage a embelli les perspectives de ce secteur. Les écarts ont légèrement augmenté dans le segment à court terme, mais ils se sont resserrés à moyen terme. Ils sont toutefois mitigés dans le segment de 10 ans et plus. Les titres de l’Ontario se démarquent depuis le début de l’année, en raison des résultats budgétaires encore supérieurs aux attentes. À l’opposé, la chute des prix pétroliers a nui aux obligations de l’Alberta.
[…]

