Rapport mensuel sur le marché obligataire – Mai 2022
Mise à jour sur le marché
En avril, l’indice obligataire universel FTSE Canada a poursuivi sa tendance baissière, reculant de 3,49 %, et les taux ont atteint de nouveaux sommets sur l’ensemble de la courbe. Dans la foulée de l’augmentation continue des taux et des écarts depuis le début de l’année, l’indice a chuté de 10,2 % pour la période, ce qui demeure supérieur à l’indice S&P 500, qui a dégringolé de presque 12 %. En revanche, l’indice composé S&P/TSX a fait beaucoup mieux avec une baisse de seulement 1,3 % en 2022.
La Banque du Canada a tenu sa promesse en procédant à une importante hausse de 0,50 % le 13 avril, portant ainsi son taux directeur à 1,0 %. Il s’agit de la plus forte augmentation des taux depuis mai 2000. Elle a aussi commencé à réduire la taille de son bilan en laissant les obligations venir à échéance et en cessant d’acquérir des titres sur le marché secondaire. La Réserve fédérale américaine a préparé le terrain à un geste similaire lors de la rencontre du FOMC au début mai.
L’inflation globale au Canada et aux États-Unis a atteint 6,7 % et 8,5 %, respectivement. Au vu du niveau d’inflation élevé, du marché de l’emploi très serré et de la flambée du prix des matières premières, les banques centrales ont clairement affirmé leur intention de relever rapidement leurs taux vers des niveaux neutres afin de stabiliser les prix. Les banquiers centraux tâchent d’assurer un atterrissage en douceur de l’économie, mais les investisseurs craignent de plus en plus que le resserrement des conditions financières ait pour effet de stopper la croissance. Le taux de rendement de l’obligation à 10 ans du gouvernement du Canada a gagné 46 p.c. en avril, clôturant le mois à 2,87 %.
Survol des obligations de sociétés
Les écarts de crédit des obligations canadiennes se sont élargis de 16 p.c., en moyenne, pour la période. Les écarts de tous les secteurs ont augmenté de plus de 10 p.c., le secteur des services financiers terminant au sommet avec un élargissement de 19 p.c. Dans ce sous-secteur, les banques ont dominé, comme ce fut le cas pour la majorité de l’année, en raison de l’offre considérable d’obligations bancaires. D’ailleurs, les émissions d’obligations bancaires libellées en dollars canadiens sont déjà plus élevées que le total de l’année dernière. En ce qui concerne le rendement total, les obligations de sociétés notées BBB ont surpassé leurs homologues notées A dans toutes les catégories d’échéance. Les écarts des obligations de sociétés ont désormais augmenté de 42 p.c. en 2022 et de 53 p.c. depuis les creux atteints à la mi-novembre.
Les écarts des obligations provinciales se sont élargis de 3 à 4 p.c. dans le segment de 10 ans et moins, et de 5 à 8 p.c. dans le segment à plus long terme. La saison des budgets provinciaux est relativement positive, puisque la majorité des provinces ont affiché une croissance et des revenus supérieurs aux attentes, en plus de rajuster à la baisse leurs prévisions de déficit. La seule exception est l’Ontario, qui prévoit un déficit budgétaire plus important pour le prochain exercice.
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