Revenu fixe   |   14 octobre 2022

Rapport mensuel sur le marché obligataire – Octobre 2022

Mise à jour sur le marché

L’indice obligataire universel FTSE Canada a fléchi de 0,53 % en septembre. Les taux de rendement des obligations gouvernementales ont été très volatils. En effet, les gilts à long terme du Royaume-Uni ont affiché d’importantes fluctuations pendant quelques séances et le bon du Trésor américain à 10 ans a progressé vers la barre des 4 %. À l’opposé, les taux de rendement des obligations gouvernementales du Canada à moyen et long terme ont été plutôt stables. Ils ont augmenté de seulement 5 p.c. au cours de la période, accroissant ainsi l’écart avec leurs homologues des États-Unis. Il s’agit possiblement d’un point d’inflexion important, puisque les fondamentaux du pays, y compris l’endettement élevé des ménages canadiens et la grande sensibilité à l’évolution des taux d’intérêt, pourraient désormais avoir une influence marquée sur l’écart de prix. Les principales fluctuations sont survenues dans le segment à court terme de la courbe canadienne, les taux de rendement à 2 ans ayant été revus à la hausse en tandem avec les nouvelles prévisions du taux final. 

La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont toutes deux relevé leur taux directeur de 75 p.c. en septembre, pour un total de 300 p.c. au cours des six derniers mois. À l’heure actuelle, les taux de politique se retrouvent en territoire restrictif, à 3,25 %. 

Les banquiers centraux tentent de rattraper le temps perdu dans leur combat contre l’inflation, laquelle demeure très élevée. Ils ont réalisé qu’ils doivent contenir la demande afin d’atténuer les pressions sur les prix et les salaires. D’après leurs commentaires, ils sont prêts à tolérer (ou causer?) des dommages collatéraux afin de stabiliser les prix sur le moyen terme, et conserver leur crédibilité en tant que champions de l’inflation. Au vu de l’inversion de la courbe, les investisseurs croient qu’ils réussiront, mais les taux finaux resteront plus élevés que les niveaux en vigueur avant la pandémie. 

La volatilité demeure très forte sur les marchés obligataires. Nous ne pouvons pas ignorer la possibilité de nouvelles pressions haussières sur les taux de rendement et les écarts. En revanche, certains indicateurs avancés indiquent que le resserrement des conditions financières commence à produire les effets escomptés. Du fait de l’impact différé des mesures de politique monétaire, nous pourrions nous approcher du moment où les marchés obligataires évoluent dans une fourchette serrée en attendant les signes d’une diminution des pressions inflationnistes. Dans ce cas, les taux de rendement des obligations seront attrayants. 

Survol des obligations de sociétés

Après une période estivale plutôt bonne, les écarts de crédit des obligations de sociétés canadiennes se sont élargis d’environ 15 p.c., en moyenne, aucun secteur n’ayant été épargné. Les obligations de sociétés ont été dominées par leurs homologues gouvernementales sur l’ensemble de la courbe. Les secteurs des télécommunications, des pipelines, des sociétés d’assurance et des FPI sont les grands perdants en septembre. 

Les écarts des obligations provinciales ont évolué dans le sens inverse de ceux des obligations de sociétés. En effet, les écarts ont diminué dans le segment à court terme, alors que ceux à long terme ont augmenté de seulement 1 à 3 p.c. Cette situation s’explique par la ruée vers les titres de meilleure qualité pendant la période d’aversion au risque, laquelle a débuté lorsque les banquiers centraux ont réitéré leur engagement à poursuivre le relèvement des taux tant qu’ils n’observeront pas une certaine stabilisation des prix. 

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