Revenu fixe   |   30 janvier 2020

Le dilemme des obligations à long terme

Dans un environnement normal de rendement, les obligations à long terme ont un rendement plus élevé que les obligations à plus court terme, ce qui permet à leurs détenteurs de monétiser la pente descendante de la courbe de rendement (« roll down »).

Jean-Guy Mérette
Vice-président et gestionnaire de portefeuille, Revenu fixe

Autrement dit, si la courbe de rendement ne change pas, les obligations à long terme seront escomptées en utilisant un taux plus bas, et auront donc un prix plus élevé au fil du temps. Toutefois, les avantages de ce « roll down » dépendent fortement de la forme de la courbe de rendement: plus celle-ci est inclinée, plus les obligations à long terme sont avantageuses par rapport aux obligations à plus courtes échéances. Avec l’aplatissement de la courbe dernièrement, les obligations à long terme ont perdu un peu de leur lustre. Mais, étant donné que les obligations avec une échéance supérieure à 15 ans représentent près de 30 % de l’univers obligataire canadien, nous ne pouvons pas simplement ignorer cette partie de la courbe et attendre que la pente s’accentue. Alors où pouvons-nous trouver de la valeur en ce moment?

Avec un rendement d’environ 1,5 % sur les obligations canadiennes 30 ans et l’inflation se situant à 2,2 %, un acheteur de ces obligations du Canada perd 70 points de base en termes réels. Pendant ce temps, les obligations corporatives à long terme peuvent vous rapporter environ 3,2 %. Mais, comme un ralentissement économique est toujours une possibilité (la semaine dernière, la Banque du Canada a revu à la baisse ses prévisions de croissance, invoquant la faiblesse inattendue de la confiance et des dépenses des consommateurs), nous n’aimons pas le compromis risque/récompense des obligations corporatives à long terme. Dans l’ensemble, nous privilégions pour l’instant une approche centrée sur la courbe (« bullet ») en matière d’investissement obligataire, mais d’un point de vue risque/rendement, nous pensons que les obligations provinciales à long terme, qui peuvent vous procurer un rendement respectable de 2,4 % et qui se négocient à leurs écarts les plus serrés par rapport aux obligations corporatives depuis près de deux ans, sont le meilleur choix pour ceux qui cherchent à investir dans la partie la plus longue de la courbe.

Jean-Guy Mérette

 Vice-président et gestionnaire de portefeuille
 Gestion active et stratégique revenu fixe

Renseignements importants

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