Rapport mensuel sur le marché obligataire – Juillet 2022
Mise à jour sur le marché
En juin, l’indice obligataire universel FTSE Canada a chuté de 2,18 %. Les taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada ont augmenté sur l’ensemble de la courbe. Les taux à 10 ans ont gagné 10 p.c. et la courbe s’est aplanie (les taux à court terme ont augmenté davantage que leurs homologues à long terme).
La Banque du Canada a procédé à une hausse de 0,50 % pendant le mois et indiqué qu’elle portera son taux à un jour dans sa fourchette neutre, soit entre 2 % et 3 %, « le plus rapidement possible ». La Réserve fédérale américaine en a fait de même en relevant ses taux de 75 p.c. à la mi-juin. Son président, Jerome Powell, a justifié cette hausse surdimensionnée, initialement prévue à 50 p.c., par la résilience de l’économie.
La vigueur continue de l’inflation et les mesures jugées nécessaires pour la contenir soulèvent des craintes quant à la croissance économique, en plus de réduire la probabilité d’un atterrissage en douceur de l’économie. Il n’y a plus aucun doute : les banquiers centraux du monde entier amorcent une phase de resserrement monétaire plus audacieux. Les investisseurs en ont pris connaissance et agissent à la place des banques centrales, comme en témoignent la hausse des taux de rendement, l’élargissement des écarts de crédit, l’aplanissement de la courbe des taux, la baisse des marchés boursiers et le ralentissement du marché du logement.
Le climat d’incertitude est clairement alimenté par la trajectoire future de l’inflation et les mesures de resserrement monétaire qui seront requises pour l’endiguer. L’inflation a pu atteindre ces niveaux en raison de la tolérance affichée par les banques centrales, qui se trouvent désormais en retard et contraintes de modérer la demande. Cette situation a mis à mal leur réputation, puisqu’elles devront continuer de resserrer leur politique monétaire pendant que la conjoncture économique se détériore et que les marchés financiers chutent. Cette approche se traduira soit par une baisse de l’inflation à des niveaux plus tolérables et plus près de leur cible, soit par l’adoption forcée de mesures de resserrement encore plus audacieuses, lesquelles ne sont pas intégrées aux cours, afin de stabiliser les prix. La deuxième probabilité s’avère tout particulièrement inquiétante.
Survol des obligations de sociétés
Les écarts de crédit des obligations canadiennes se sont élargis de seulement 2 p.c., en moyenne, pour la période, portant ainsi leur augmentation à 54 p.c. depuis le début de l’année. Les obligations de sociétés ont surpassé leurs homologues gouvernementaux grâce au portage de plus en plus attrayant, qui a freiné l’élan haussier des écarts. Les actifs à risque ont subi des pressions baissières pendant la majorité du mois du fait des craintes manifestes de récession. Les facteurs techniques ont été favorables. La détérioration des marchés a refroidi l’ardeur des émetteurs potentiels, ce qui a entraîné le plus faible volume d’émissions pour un mois de juin depuis 2013. Le volume des nouvelles émissions est inférieur de 7 % au niveau record observé à la même période l’an dernier.
Les écarts des obligations provinciales ont terminé au bas du tableau, peu importe l’échéance. Ils se sont élargis de 2 à 5 p.c. dans les segments à moyen et long terme en tandem avec la perte d’appétit envers le risque. Les titres de l’Alberta demeurent en tête en raison de l’amélioration de sa situation budgétaire. D’ailleurs, ce sont les seules obligations provinciales dont les écarts à long terme ont diminué au cours des six derniers mois.
[…]
